Accueil » Féminicide: face à un problème systémique, agissons collectivement

Féminicide  : Face à un problème systémique, agissons collectivement
Le 17 mai 2025, un féminicide a eu lieu à Chasseneuil-du-Poitou. Elle s’appelait Véronique. Malheureusement cet « événement » n’est pas un acte isolé. Il nous rappelle violemment la gravité et l’ampleur d’un phénomène sociétal. Véronique est la énième victime qui s’ajoute à un « décompte macabre de Nous Toutes » (Héloïse, Collectif du 8 mars). Au 15 juin 2025, alors même que ne nous sommes qu’à la moitié de l’année civile, 73 femmes ont été tuées en France. Ce nombre terrible est celui d’une chaîne générale de valeurs et d’actions qui dysfonctionne. Cette chaîne commence à la prise en compte des dangers dès la première plainte et va jusqu’aux mesures de contrainte et de protection. Car aujourd’hui, Héloïse le disait, les places d’hébergement d’urgence manquent, les téléphones grave danger (TGD) ne sont pas toujours distribués, les ordonnances de protection ne sont pas toujours délivrées et les arrestations ne sont pas toujours effectuées. Et dans cette chaîne qui comprend des personnes pleinement engagées pour la protection des femmes, la responsabilité n’est pas celle des quelques-uns mais celle d’une société, d’un système.
C’est précisément pour faire prendre conscience de ce phénomène systémique que les nombreuses femmes courageuses que je côtoie tous les jours sur notre territoire poitevin ont décidé d’organiser une marche blanche qui s’est déroulée le 15 juin 2025 en hommage à Véronique. Il fallait organiser cet hommage, d’abord pour ne pas laisser passer, ensuite pour ne pas laisser Véronique partir dans le silence et l’oubli et enfin pour rendre visible l’ampleur du problème et les réponses collectives qui peuvent y être apportées. Parce que si l’on veut arrêter ces drames, il faut d’abord comprendre que l’on n’est pas face à un virus à la propagation ponctuelle et indépendante de notre volonté mais bien plutôt face à un fait systémique de société qui ne perdure que parce que nous « laissons faire ». C’est donc une question de responsabilité collective qui nous engage à tous agir. C’est donc que les féminicides ne sont pas une fatalité. Nous pouvons et nous devons tous lutter pour ne pas en rester à compter les mortes de ce fléau. Ce drame n’aurait jamais dû arriver. Nous sommes en 2025, les citoyennes et les enfants doivent être protégés et entendus à égalité de droits.
Nous avons dit un dernier au revoir à Véronique samedi dernier au crématorium. Elle souhaitait de tout son coeur faire bouger cette « grande cause ». Nous aussi. Une grande cause qui réclame simplement l’égalité réelle des droits humains.
Je tiens à remercier profondément l’ADEV, le collectif des femmes violentées de la Vienne, le collectif du 8 mars et toutes les bonnes volontés qui ont participé à la marche blanche du 15 juin.
Je pense très fort à la famille de Véronique qui vit une perte et une injustice profonde.
Comme Héloïse l’a affirmé, les femmes doivent savoir que les collectifs d’aide aux victimes se tiennent à leurs côtés et continueront de se mobiliser. Nous le ferons, il faut que le plus grand nombre le fasse aussi pour arrêter ce problème sociétal. Il faut agir pour poursuivre le combat de Véronique, de toutes les Véroniques et pour toutes les femmes et les enfants encore aux prises avec ce fléau : ensemble « nous sommes sa force, nous sommes son sourire, nous sommes ses yeux » (Laura, ADEV).
Faisons en sorte de construire à l’avenir des politiques publiques dignes, protectrices pour que cela n’arrive plus jamais. Au travail !

Elodie BONNAFOUS
Présidente du Groupe Les Indépendant.e.s à la Mairie de Poitiers
Conseillère communautaire de GrandPoitiers