Sous la photo, il était possible de lire que : « chaque jour, nos concitoyens et nos concitoyennes nous expriment leur souhait d’une alternance à Poitiers […] Femmes et hommes progressistes et de gauche, nous préparons une réponse ». Certains membres du Forum Poitevin figurent sur cette photo .
Nous avons écrit sur ce site que le Forum Poitevin est un atelier de réflexion ouvert à tous. Depuis sa création en 2023, nous avons fait preuve d’écoute et de réflexion. L’une et l’autre assurent le foncier de notre action et dessinent les sillons que nous voulons tracer.
Aujourd’hui, nous sommes au pied du mur. Dans un an, nous serons dans l’isoloir seuls face à nos valeurs, à nos idées. C’est-à-dire face à notre propre courage. Les discours tenus, les mots prononcés ne seront-ils qu’un courant d’air qui, l’espace d’une seconde, aura fait vibrer nos cordes vocales. Seront-ils au contraire le préalable à une action réelle ? Derrière le rideau, nous devrons assumer l’une des responsabilités les plus lourdes mais aussi l’une des plus belles : quel avenir nous donnons-nous ? quel horizon voulons-nous proposer ? Cette responsabilité doit être celle d’un accord avec nous-mêmes, c’est-à-dire d’une mise en harmonie de nos idées avec notre action. Celle d‘un acquiescement à l’avenir et non d’un renoncement. C’est à ce moment, en effet, que nos valeurs – celles d’une gauche non sectaire et chevillée au réel – pourront se concrétiser.
Dans un livre retentissant, Giuliano da Empoli a décrit comment, depuis quelques années, la politique s’élaborait. Construite à coups de gueule et de haussement de menton stériles, elle surfe sur la colère et la rage. Elle hurle mais ne parle plus. Elle rompt le dialogue et aboutit à l’enfermement individuel de chacun des citoyens dans des corridors de haine et de solitude. Elle désespère aussi. En surplomb des corridors, l’ombre des miradors d’algorithmes oriente les choix, promet du rêve mais déverse du cauchemar.
Si des membres du Forum Poitevin sont sur cette photo, c’est pour faire de la politique autrement. Pour retrouver le collectif. Pour restaurer le débat. Nous voulons construire notre avenir nous-mêmes, par nous-mêmes. Nous voulons le faire dans l’apaisement. Nous voulons tout simplement vivre ensemble et non pas les uns à côté des autres. Ensemble ! Ensemble parce que la désunion fabrique la faiblesse et la faiblesse l’échec. Il est temps de renverser l’adage « La critique est aisée mais l’art est difficile » et faire en sorte que par notre action, notre énergie et nos idées « l’art soit aisé mais la critique difficile ».